Tennis Canada domine le parc Jarry - un stade malheureusement plus haut que les arbres!

Tennis Canada, dont les installations sont centralisées dans le parc Jarry, a ajouté un étage à son stade Uniprix, le faisant passer de 15 à 22,6 mètres, à l'intérieur même du parc. C'est maintenant le bâtiment le plus haut des parcs urbains de Montréal!

Dans l'édition de 21 juin 2011 du Progrès-Villeray, on annonce l'inauguration des terrains en terre battue du 2e étage du Stade UNIPRIX. Face au préoccupations des citoyens et de la CAP Jarry, Mme Samson, la mairesse de l'arrondissement, déclare: «Il faut balancer les choses, respecter les normes et la tranquillité des résidents. Il ne faut pas agrandir dans le parc ». Étrange commentaire puisque c'est exactement ce que plusieurs citoyens et la CAP Jarry demandaient (respecter les normes et ne pas agrandir dans le parc) et c'est exactement ce que les élus n'ont pas fait (une dérogation a été accordée pour dépasser les normes de hauteurs établies dans le parc et on a agrandit les installations de Tennis Canada dans le parc)

www.leprogresvilleray.com/Sports-divers/Tennis/2011-06-16/article-259124...

Tous ceux qui se sont promenés dans le parc depuis janvier ont pu en faire le triste constat. Comme soutenu par la Coalition, l’érection du 2e étage du stade Uniprix obstrue plusieurs magnifiques vues qu'offrait le parc Jarry sur le mont Royal. Tennis Canada, le promoteur, parlait d'un bâtiment avec «un traitement architectural simple, transparent et intégré ». L'Office de consultation publique de Montréal, avec une commission présidée par Mme Irène Cinq-Mars, une professeur retraitée de l'École d'architecture du paysage de l'Université de Montréal, nous avait pourtant annoncé que cette obstruction serait « minime ». Pour la quasi totalité des endroits où nous prédisions une obstruction, elle se vérifie! De l'aire de jeux des enfants, assis sur un banc public, sur le sentier autour du plateau... Un secteur du parc qui représente environ 30% de la surface à partir de laquelle on voyait le mont Royal est affecté.

Le stade Uniprix, plus haut que les arbres, est devenu omniprésent!

Nous avons établi un répertoire des vues qui sont obstruées par le 2e étage du Stade UNIPRIX.

De l'aire de jeux des enfants, assis sur un banc public, sur le sentier autour du plateau... Voyez par vous-même

Notre arrondissement et la Ville de Montréal peuvent maintenant se vanter d'avoir autorisé au parc Jarry un des plus hauts bâtiments des parcs urbains de Montréal!
Espérons, pour l’avenir, que tous travailleront dans le sens de la préservation de notre espace vert et de loisir, et que Tennis Canada saura trouver ailleurs que dans le parc des terrains à la mesure de ses ambitions !!

Les Montréalais peuvent se réjouir puisque le conseil d'arrondissement de Ville-Marie a refusé d'accorder une dérogation au règlement d'urbanisme faisant passer la hauteur permise du bâtiment à construire ssur le site de la maison Redpath e 16 à 25 mètres. Cette construction aurait obstrué la vue que les visiteurs du Musée des beaux-arts de Montréal. Plusieurs citoyens de Villeray – Parc-Extension – Petite-Patrie bien qu'heureux de cette décision ne peuvent qu'être frustrés de ce deux poids, deux mesures. Il est extrêmement dommage que nos élus à l'arrondissement ne jugent pas que les citoyens qu'ils représentent ont eux aussi le droit à ces vues patrimoniales, vues que tous les précédents développeurs du parc Jarry ont précieusement conservées et qui sont maintenant perdues pour nous et les générations futures. C'est clairement un manque de vision!

Sur l'Office de consultation publique de Montréal: une mince couche de vernis démocratique sur le projet

L'Office de consultation publique de Montréal vient de rendre public son rapport concernant la construction du 2e étage du Stade UNIPRIX. Malheureusement, la recommandation de la commission Cinq-Mars est d'aller de l'avant avec ce projet qui porterait à 22,6 mètres la hauteur du bâtiment, plus haut que les arbres comme nous l'avons tant de fois répété.

La CAP Jarry est bien évidemment déçue de la recommandation du rapport. Bien qu'à plusieurs endroits elle reconnaisse les impacts négatifs du projet (voir notes plus bas), la commission conclut que cette fois-ci, les raisons justifient l'augmentation de l'ampleur de installations. Donc, cette-fois, ça va mais c'est particulier, il faudra éviter la prochaine fois, des paroles entendues 100 fois dont l'écho ne résonnera qu'un court moment. La Commission Cinq-Mars vient de créer un précédent en indiquant qu'il est acceptable de construire un bâtiment de 22,6 mètres dans un parc urbain, une décision qui aurait été célébrée en 1960 mais qui est plutôt décevante en 2010.

Les vues patrimoniales sur le mont Royal ont été un élément clé au cœur de l'analyse. La CAP Jarry se doit de souligner deux éléments troublants du rapport.

- D'abord, lors des consultations, nous avions contesté la zone pour laquelle la vue sur le mont Royal serait obstruée, comme définie par Tennis Canada en collaboration avec St-Gelais-Montminy associés, architectes; nous estimons que la zone réelle serait beaucoup plus étendue. La CAP Jarry avait, pour justifier cet énoncé, présenté des vues additionnelles sur le mont Royal qui seraient vraisemblablement obstruées par le 2e étage du Stade UNIPRIX. La commission indique cette divergence mais poursuit son analyse sans validation et sans réserve, avec le chiffre contesté du promoteur; ce parti pris est préoccupant. Compte tenu de l'importance de cet élément, nous nous serions attendus que la commission demande, à tout le moins, une évaluation supplémentaire des sites relevés par la CAP Jarry et examine en détails le protocole utilisé par le promoteur, afin de progresser avec les données les plus exactes et les plus objectives que possible.

- Le rapport indique "La superficie du parc Jarry est de (...) 35,52 hectares, soit 355 200 mètres carrés. La proportion de cette surface qui sera privée partiellement de vues sur le mont Royal est de 0,5 % seulement", et, doit-on déduire, 99,5% de la surface du parc ne sera pas privée de vues sur le mont Royal. La commission utilise la surface totale du parc ce qui est incorrect car on ne voit pas le mont Royal de partout dans le parc. Évidemment que la vue sur le mont Royal ne sera pas affectée aux endroits où elle n'existe pas (souvent déjà bloquée par les présentes installations de Tennis Canada)! Le cadre de référence aurait dû être la surface du parc Jarry de laquelle on voit le mont Royal. Le référentiel utilisée par la Commission Cinq-Mars est inadéquat et vient diminuer de manière importante l'impact du 2e étage du stade UNIPRIX sur les vues du mont Royal.

En cumulant les égarements, la commission rapporte le chiffre de 0,5%, ce qui apparaît comme très modeste. Selon notre analyse, le pourcentage des vues sur le mont Royal, là où elles existent, qui seraient affectées par la présence du bâtiment serait beaucoup plus: trente, quarante, voir cinquante fois plus, tout dépendant des définitions et des protocoles! Le rapport de l'OCPM induit donc en erreur les Montréalais et les élus!
Nous demandons à l'OCPM de cerner l'ampleur de la controverse, de corriger les valeurs erronées et de réviser sa conclusion, le cas échéant.

Un point fondamental a été omis par la Commission Cinq-Mars. Tennis Canada et à peu près tout le monde sont d'accord qu'il y a un besoin de courts intérieurs de tennis à Montréal pour répondre à la forte demande d'accès, spécialement l'hiver, à des terrains à un coût sous celui du marché. Tous s'entendent sur ce point: la question est plutôt quel serait le meilleur endroit pour les construire? Et ce point est complètement ignoré par la commission.

* Est-ce dans le parc Jarry, où il y a déjà 24 terrains de tennis (12 intérieurs + 12 extérieurs), dans une infrastructure qui est déjà tellement importante qu'on est obligé de jouquer les terrains au 2e étage, avec une hauteur excessive dans un parc et tous les inconvénients que ceci entraîne

ou

*Ailleurs à Montréal. Plusieurs sites sont possibles. On pourrait établir un partenariat avec l'Université de Montréal et l'arrondissement Outremont pour utiliser une partie de l'ancienne cour de triage. On pourrait déménager le Centre national d'entraînement de tennis dans le coin du Stade olympique de manière à regrouper les infrastructures d'entraînement des athlètes avec le Centre d´excellence des sports aquatiques du Québec en natation, water-polo, plongeons, et l'Académie de l'Impact pour le soccer. Une synergie pourrait naître de ces centres, et une optimisation des ressources (salle d'entraînement, nutritionnistes, physiothérapeutes...) pourrait être faite. Une grappe de centres d'excellence pour les jeunes athlètes! De plus, en développant un 2e pôle, Tennis Canada offrirait des terrains de tennis de qualité dans un quartier moins favorisé à ce niveau que Villeray et Parc-Extension (une proximité qui impliquerait la promotion du tennis auprès d'autres citoyens et une diminution des déplacements pour avoir accès à des terrains).

Le fait que la Commission Cinq-Mars n'ait pas discuté ce point pourtant fondamental (puisque c'est strictement cette construction de 4 nouveaux courts qui conduit à la nécessité du 2e étage du stade de tennis) illustre l'analyse limitée des commissaires.

En résumé, la CAP Jarry est d'accord avec le fait qu'il existe une balance entre fonctions de détente et celles de récréation et de pratique sportive mais ne trouve rien dans le rapport qui justifie de manière exceptionnelle de déplacer l'équilibre déjà fragile vers la fonction tennistique en construisant un bâtiment plus haut que les arbres. La CAP Jarry désire qu'une réflexion plus riche que celle offerte par la Commission Cinq-Mars soit faite et que les données objectives et correctes concernant l'obstruction des vues patrimoniales sur le mont Royal soient établies.

Extraits du rapport de l'OCPM

" La commission tient à indiquer qu’il s’agit là d’un cas particulier et qu’il ne faudrait pas, comme l’ont craint certains participants, référer à la hauteur de 23 m comme à une nouvelle balise pour la construction dans un parc public"

"conséquemment, elle recommande fortement de garantir clairement le statut public du parc dans le plan directeur du parc ainsi que le maintien de l’équilibre entre les aires paysagères et les zones de jeux."

"la commission considère que l’équilibre entre les fonctions de détente et celles de récréation et de pratique sportive doit être une préoccupation constante des services responsables de la conception et de la gestion du parc. Il ne faudrait pas encourager le développement de nouvelles activités sportives dans le parc au détriment des aires de détente paysagères."

"la commission est d’avis que Tennis Canada doit à l’avenir se montrer sensible à la valeur accordée par les citoyens utilisateurs du parc Jarry à leur relation avec le mont Royal"

"qu’il ne faudrait pas à l’avenir qu’un projet vienne compromettre l’équilibre entre les fonctions du parc au risque de lui faire perdre son statut de grand parc urbain".

 

 

Plus d'information:

Tennis Canada désire implanter 4 terrains en terre battue pour l'entraînement de nos joueurs les plus prometteurs. Mais en plus, Tennis Canada désire avoir 4 courts intérieurs supplémentaires.

Pour ce faire, Tennis Canada désire ajouter un étage au Stade UNIPRIX! Les installations passeraient de 13 à 22,6 mètres!ceci correspond à un immeuble résidentiel d'environ 7 étages! C'est plus haut que les arbres du parc!

On parle d'un projet de 4 millions de dollars: un million de dollar par terrain!!!
Des consultations sous la gouverne de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) ont eu lieu. Pour plus d'information sur le sujet, consultez le site de l'OCPM:

http://www2.ville.montreal.qc.ca/ldvdm/jsp/ocpm/ocpm.jsp?laPage=projet43...

La CAP Jarry a déposé son mémoire.Vous pouvez le consulter ici

Merci à tous ceux qui nous ont fait parvenir leurs commentaires; votre contribution a enrichi le mémoire et, espérons-le, a fait passer un message clair: NON À CETTE CONSTRUCTION EN HAUTEUR!

En résumé, la CAP Jarry favorise la conversion en terre battue des 4 terrains intérieurs construits suite à l'agrandissement de 2004. La conversion de 4 terrains intérieurs présente les avantages de fournir l'infrastructure nécessaire à l'entraînement des athlètes, de respecter le plan d'urbanisme, ne nécessite aucune dérogation et coûte beaucoup moins cher - la construction sera payé à 75% de fonds publics.

La construction du 2e étage proposée par Tennis Canada fournit 4 courts additionnels, mais à quel coût?
Une construction de 22.6 mètres de haut dans le parc Jarry!

Ceci a deux impacts négatifs majeurs

• Plusieurs vues des citoyens fréquentant le parc et des résidents des environs immédiats seraient masquées par ce bâtiment, plus haut que tout dans le parc, même les arbres! Ceci inclut la vue sur le Mont-Royal, dans tout le secteur à proximité de l'aire de jeux des enfants.

• Et on aurait établi une nouvelle balise en hauteur pour les développements à venir dans le parc Jarry... et dans les autres parcs de Montréal. La représentante de la Direction des grands parcs et de la nature en ville a indiqué qu'il n'y avait probablement pas de bâtiment d'une telle hauteur dans un parc comparable au parc Jarry, comme le parc Maisonneuve, le parc Angrignon, le parc Lafontaine... On parle d'une première inquiétante pour le parc Jarry mais aussi tous les parcs de Montréal!

La demande pour des courts intérieurs est grande en hiver et elle ne pourra jamais être comblée. Il y avait 8 terrains intérieurs en 1996. Ça passe à 12 en 2004. Maintenant, ce n'est toujours pas assez, on en veut 16. Il est clair que même à 16, ça ne sera pas assez et on en voudra d'autres. Il faut arrêter l'expansion maintenant!

Pour la petite histoire

Dans le sommaire décisionnel de la Ville de Montréal – financement (www2.ville.montreal.qc.ca/ocpm/pdf/P43/1f.pdf), il est indiqué, comme impact majeur du projet: "De plus, l’accueil de tournois au Stade Uniprix était limité à la surface dure. Une fois les travaux complétés, le Stade Uniprix pourra accueillir des tournois de la Coupe Davis, Coupe Fed, Challenger, Futures, nationaux et provinciaux sur terre battue." M. Eugène Lapierre, directeur de Tennis-Canada, a indiqué que ceci est complètement incorrect. Comment peut-on accueillir un tournoi majeur avec 4 terrains, sans estrade, sans infrastructure pour les médias? Voici qui illustre le degré de compréhension des fonctionnaires qui recommandent l'octroi d'une contribution financière maximale de 1 278 720 $ (taxes incluses) de la ville de Montréal. Préoccupant!

Le Comité ad hoc d'architecture et d'urbanisme de la Ville de Montréal donne un avis favorable au projet mais fait le commentaire suivant (www2.ville.montreal.qc.ca/ocpm/pdf/P43/1d.pdf) "L’environnement (du stade) participe également à cette qualité. En effet, comme aucun bâtiment n’est visible depuis les gradins, les spectateurs ont une expérience exceptionnelle des matches de tennis que rien d’extérieur ne vient distraire. L’ajout d’une nouvelle structure au toit du bâtiment voisin, qui sera visible depuis les gradins du stade, viendra transformer la situation actuelle. Il importe donc qu’une attention tout à fait particulière soit accordée à la composition de cet élément qui apparaîtra dans le champ visuel des spectateurs. " Le comité est préoccupé par l'expérience des spectateurs qui serait altérée par la construction du 2e étage du Stade UNIPRIX lors des tournois, deux semaines par année. Rien sur les citoyens qui fréquentent le parc tous les jours de l'année et qui auront ce bâtiment dans la face. Rien sur les résidents des environs dont la vue inclura ce bâtiment d'une hauteur inadmissible dans le parc. Une irresponsabilité choquante!

Historique

En 1996, 25 millions$ sont investis (80% provient de fonds publics): 12 courts extérieurs et 8 courts intérieurs.

En 2001, 2.8 millions$ (75% provient de fonds publics); on ajoute 700 places au court principal et des loges.

En 2004, 12.6 millions$ (76% provient de fonds publics); les installations sont encore trop petites: 12 courts extérieurs et 12 courts intérieurs. On en profite pour agrandir l'espace clôturé durant les tournois. La clôture installée durant les tournois avance de 27 pieds vers le centre du parc! On a dû déplacer le sentier autour du plateau central de 12 pieds pour que ça entre!

En 2010, Tennis-Canada/Stade UNIPRIX en veut encore plus: il manque, pour le moment, 4 terrains en terre battue et ceux-ce devraient être en plus des terrains intérieurs existants.

Au conseil d'arrondissement du 9 mars 2010, nos élus ont voté pour tenir une consultation sur ce projet. Nous avons demandé pourquoi ce projet en hauteur a été retenu par les élus. Mme Anie Samson nous a répondu que le projet avait été identifié par Tennis-Canada, que le conseil d'arrondissement ne faisait qu'acheminer la demande de changement d'urbanisme. Nous croyons que le conseil d'arrondissement fait preuve de fausse modestie en déclarant que nos élus ne sont que les commis de Tennis Canada. Ce sont nos élus qui décident des priorités de l'arrondissement et des progrès des projets.